Le blogue d'Idéactif

16 mai 2011

Wajam, un bel exemple d’écoute passive UX sur les médias sociaux

Jean-François Petit @ 11:08

Mercredi dernier (11 mai 2011), j’ai participé à un panel UX à Webcom Montréal 2011, animé par Nathalie Berger, mon associée chez Idéactif et présidente d’Utilisabilité Québec. Le thème: « Quelle est la place de l’expérience utilisateur dans un monde connecté en permanence? »

Avec 5 minutes de présentation pour chacun des panelistes (moi, ainsi que des collègues de l’ONF, d’Air Transat et de CSST), il fallait faire court et bien. M’inspirant de mon blogue sur le même sujet que j’avais écrit en novembre 2010, j’ai décidé d’illustrer avec un cas réel ce que pourrait être une méthode UX en « temps réel ». Par pure coincidence, je venais de vivre une expérience très intéressante avec un produit d’une jeune startup montréalaise, Wajam.

Pour les lecteurs qui ne les connaissent pas, Wajam offre un service web qui permet de faire à la fois une recherche dans Google et dans notre réseau de médias sociaux et d’afficher le tout dans une SERP (Search Engine Results Page) unifiée. Un beau concept, simple, et qui fonctionne bien en plus. Voici de quoi a l’air une recherche quand Wajam est installé sous Firefox et que vous lui avez donné la permission d’aller fouiller dans votre réseau (ici, seulement Twitter dans mon cas; l’affreux encadré en rouge, c’est moi qui ai ajouté).

Le 12 avril dernier, j’ai fait une recherche dans Google sur je ne sais plus quel sujet. Auparavant, quand Wajam ne trouvait aucun résultat dans mon réseau, il affichait simplement un message indiquant cette situation, du genre, no results found. Mais cette journée-là, j’ai vu ceci (que j’ai reproduit ici pour les besoins de la cause) :

J’étais plus ou moins heureux de ce qu’ils avaient fait. Il me semblait que ça pourrait être mieux. Sachant qu’ils sont très actifs sur Twitter (@Wajam), j’ai écrit ce tweet comme on lance une petite bouteille à la mer, juste pour voir.

Quelques minutes (secondes?) plus tard, j’ai vu ce reply dans Tweetdeck, puis j’ai immédiatement répondu.

Puis l’échange s’est terminé comme suit.

Je n’y ai plus repensé, jusqu’au moment où, quelques jours plus tard, je vois ceci suite à une recherche dans Google.

Impressionnant. J’étais quasiment ému. Wajam m’avait non seulement écouté, mais ils ont répondu à mes critiques. Ils permettent maintenant de prévisualiser les tweets de gens qui ne sont pas dans notre réseau mais qui ont tweeté sur le sujet recherché, et ils ont enlevé la ligne de texte en bas qui ne servait à peu près à rien. Ils ont aussi réussi à placer le double du contenu dans le même espace.

Curieux, je me suis demandé si j’étais l’exception pour Wajam, ou si il y avait d’autre cas d’écoute passive de ce genre. En faisant une petite recherche, j’ai trouvé ceci.

Encore une fois, impressionnant. Wajam se sert de Twitter comme salle d’écoute passive qui leur permet de conduire des micro-tests de l’expérience utilisateur en temps réel. Bien sûr, leur produit et leur public cible s’agencent parfaitement à ce genre de pratique, mais il n’est pas impossible de croire que ça pourrait s’appliquer à un grand nombre d’entreprises ou d’organismes qui offrent des services en ligne.

Une précision sur l’écoute active VS écoute passive

Dans l’exemple ci-dessus, même si la gestionnaire de communauté de Wajam est très active, l’écoute qui se fait est passive, en ce sens qu’elle n’est pas sollicitée, mais plutôt spontanée via Twitter (ce pourrait être via Facebook, un DM, un courriel, et pourquoi pas un appel téléphonique!). En UX plus traditionnel, l’écoute active, où on organise des activités d’écoute,  domine encore fortement (tests utilisateurs en labo, entrevues, sondages, etc.)

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Filed under: Critique UX,Médias sociaux,Outils et méthodes UX,Événements UX — Mots-clefs :, , , — Jean-François Petit @ 11:08

8 avril 2011

Campagne électorale fédérale 2011 sur YouTube

Jean-François Petit @ 10:41

Dans le cadre d’une évaluation des sites web des cinq principaux partis en lice dans la campagne électorale canadienne qui a débuté le 26 mars dernier, j’en ai profité pour faire une petite analyse strictement quantitative de leur présence dans les médias sociaux. Le premier article portait exclusivement sur l’utilisation de Twitter. Celui-ci porte sur YouTube.

Veuillez prendre note que toutes les données quantitatives sont valides en date du 6 avril 2011.

YouTube

Comme pour Twitter, les premiers arrivés sur YouTube sont les Conservateurs (PC), mais de justesse, le 25 janvier 2007. Les Libéraux ont suivi quelques jours plus tard le 29 janvier. Le NPD est arrivé le 13 mars, puis les Verts (19 octobre) et le Bloc (22 octobre) ont suivi, tous en 2007.

Le graphique ci-dessous indique simplement le nombre de jours écoulés depuis la création de chacun des canaux YouTube respectifs. Contrairement à leurs comptes Twitter, les canaux YouTube des partis sont tous bilingues.

Les graphiques suivants illustrent le nombre de clips disponibles et le nombre de visionnements pour chacun des partis. Le Bloc et les Libéraux sont extrêmement prolifiques. Il faut souligner que le canal du Parti Conservateur ne comporte présentement que 60 clips, dont 34 ont été ajoutés depuis le début de la présente campagne. Avec le nombre de visionnements qu’ils ont (près de 800 000), il est fort probable qu’ils aient fait le ménage et supprimé un certain  nombre de clips plus vieux. Peut-être que le Bloc et les Libéraux devraient eux aussi suivre l’exemple et faire un petit ménage de printemps… Les clips publicitaires et les discours lors de ralliements ont fortement alimenté les canaux depuis le 26 mars. Les Libéraux sont particulièrement prolifiques. On peut s’étonner que les Verts, qui profitent de peu de temps d’antenne dans les médias traditionnels, ne prennent pas plus de place sur YouTube. Il est vrai que quantité n’égale pas toujours qualité…

Finalement, une dernière statistique, celle du nombre d’abonnés pour chacun des canaux YouTube des partis (sauf pour le NPD qui ne dévoile pas cette information). On peut supposer que le nombre d’abonnés à un canal YouTube n’est pas un indicateur particulièrement important (contrairement à Twitter ou Facebook), car il est très facile de visionner les clips sans s’abonner. Par contre, à long terme, ce nombre peut servir comme mesure « d’engagement » envers le parti.

Allez jeter un coup d’oeil sur cet article sur radiocanada.ca pour en savoir un peu plus sur la campagne électorale et YouTube.

La place de YouTube dans la campagne électorale

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Filed under: Critique UX,Médias sociaux — Jean-François Petit @ 10:41

6 avril 2011

Campagne électorale fédérale 2011 et Twitter

Jean-François Petit @ 12:52

Dans le cadre d’une évaluation des sites web des cinq principaux partis en lice dans la campagne électorale canadienne qui a débuté le 26 mars dernier, j’en ai profité pour faire une petite analyse strictement quantitative de leur présence dans les médias sociaux.

Bonne nouvelle: ils ont tous au moins un compte Twitter et Facebook. Ils ont tous un compte YouTube depuis au moins 2007.

Aujourd’hui, je dévoile les chiffres pour Twitter. Je vous ferai part de Youtube et Facebook dans un article un peu plus tard cette semaine ou la semaine prochaine.

Veuillez prendre note que toutes les données quantitatives sont valides en date du 6 avril 2011.

Twitter

Le premier arrivé sur Twitter est Stephen Harper (PC). Son compte en anglais a été créé le 11 juillet 2007, le français le 18 août 2008. Ce n’est qu’une année plus tard, le 22 juillet 2008, que Jack Layton (NPD) a créé un compte en anglais. Son compte en français a été créé le 6 septembre 2008. Michael Ignatieff (LIB) a créé son compte en anglais le 10 novembre 2008, et en français le 17 mai 2009. Gilles Duceppe (BQ) est arrivé sur Twitter le 8 septembre 2008, en français seulement. Elizabeth May (VERT) ferme la marche avec un compte en anglais le 10 septembre 2008, puis en français le 5 octobre 2009.

Le graphique ci-dessous indique simplement le nombre de jours écoulés depuis la création de chacun des comptes Twitter des chefs de parti. Ça donne une idée relative de la durée, même si le nombre exact de jours est plus ou moins important.

Le graphique suivant illustre le nombre d’abonnés aux fils Twitter des chefs, selon la langue du fil. Stephen Harper domine pour les fils en anglais et ça se comprend, car il est premier ministre depuis 2006, ce qui lui accorde une notoriété qui dépasse nos frontières. Par contre, sa performance pour son fil en français est pour le moins ordinaire. Sans surprise, c’est Gilles Duceppe qui domine outrageusement pour les fils en français. Elizabeth May a du chemin à faire pour rejoindre les twittophiles francophones, avec moins de 500 abonnés pour son fil en français.

Les chefs du NPD et des Verts semblent se livrer une féroce bataille, avec plus de 850 messages Twitter chacun en anglais depuis la création de leur compte, à quelques mois d’intervalle en 2008. Le chef du NPD remporte même la bataille des messages en français, devançant de peu le chef du Bloc, qui est arrivé pratiquement en même temps que Jack Layton sur Twitter en français. On remarque la faiblesse de la chef des Verts pour le français. Les chefs du Parti conservateur et des Libéraux semblent pratiquer une certaine symétrie linguistique sur Twitter. Pas de chicane et pas de fédéralisme asymétrique ici!


Qu’en est-il de l’activité sur Twitter depuis le début de cette campagne, le 26 mars 2011? Ce sont les Verts qui sont les champions en anglais, avec plus de 60 messages en une douzaine de jours. En moyenne, on a droit à 2-3 messages par jour, pas plus. C’est un peu étonnant quand on sait qu’ils sont sur la route du matin au soir. Les « community managers » seraient-ils déjà épuisés :-) Si j’avais des dizaines de milliers d’abonnés comme Messieurs Harper, Ignatieff, Layton et Duceppe, j’augmenterais un peu la cadence. C’est vrai que la campagne est longue… C’est comme les séries de la LNH. Vaut mieux garder des forces pour la finale.

Ajout du 7 avril

Je vous suggère de lire sur cette très intéressante étude de Tamara A. Small, « La politique canadienne
en 140 caractères : la vie des partis dans l’univers Twitter
 » publiée en 2010. C’est une étude beaucoup plus détaillée que celle que j’ai pu faire ici.

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Filed under: Critique UX,Médias sociaux — Jean-François Petit @ 12:52

21 avril 2009

Magasiner une automobile en ligne

Jean-François Petit @ 14:50

Je n’avais pas visité de sites Web de fabricants d’automobiles depuis des années. Depuis 2004 en fait. Maintenant que je pense à changer de voiture, mon premier réflexe a bien sûr été d’aller magasiner les différentes marques et modèles sur Internet. Même si ces sites semblent avoir changé au niveau esthétique (beaucoup d’animations Flash), il me semble très subjectivement que l’expérience d’utilisation a peu évolué. J’ai principalement consulté les sites de Toyota, Honda, Hyundai, Subaru, Mazda, et un peu celui de Ford.

La tâche la plus difficile à effectuer sur ces sites demeure sans conteste le décryptage des différentes options selon la version d’un modèle. Par exemple, si je magasine une Honda Civic berline, comment faire rapidement la différence entre la version DX, DX-A, DX-G, etc ? Sur la majorité des sites, on nous présente un tableau comparatif de plusieurs dizaines de lignes où on indique ce qui est compris ou non avec chacun des modèles (comme on le fait toujours dans les brochures imprimées).  Il me semble qu’on pourrait faire un effort et nous indiquer les différences entre les versions et ne pas nous obliger à passer à travers toute la liste des caractéristiques pour découvrir celles qui sont comprises ou non. Mazda a fait un effort en ce sens en présentant une liste avec les caractéristique communes, puis en indiquant seulement celles qui s’ajoutent selon les versions. J’appellerais ça la manière additive d’indiquer ce qui est compris ou non. C’est beaucoup plus facile à comprendre d’un coup d’oeil. (j’aurais bien inséré un hyperlien, mais le site de Mazda ne le permet pas, se contentant de n’offrir qu’un URL indifférencié pour toutes ses pages! Incroyable de voir ça encore de nos jours.)

Certains autres, comme Subaru, divisent le grand tableau et offrent de comparer seulement deux versions entre elles. C’est une amélioration, mais ça demeure laborieux. Je rêve un jour de voir une application très simple de visualisation des données: comparer deux versions et simplement indiquer en surbrillance (« highlight ») les différences entre la version A et la version B. Ce serait un jeu d’enfant à coder et ça améliorerait énormément l’expérience de magasinage. J’appellerais alors ça la version différentielle.

Parmi les autres choses à améliorer, l’ajout d’un texte ou d’un tableau qui distingue chacun des modèles (par exemple, quelle différence entre la Honda Fit, la Civic et la Accord pour un néophyte?) Les fabricants semblent tous nous prendre pour des « gars de chars » qui connaissons intimement leurs produits. C’est d’ailleur ce qui est est le plus frappant et ce qui a le moins évolué entre 2004 et aujourd’hui: ces sites sont centrés non pas sur les besoins des acheteurs, mais bien sur les produits et sur les stratégies commerciales des fabricants. Pourtant, je soupçonne que ce sont des sites qui sont sûrement parmi les plus visités (mis à part les sites médias). Étonnant, non?

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Filed under: Critique UX — Jean-François Petit @ 14:50

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