Le blogue d'Idéactif

25 janvier 2010

L’expérience utilisateur et les mots de passe

Jean-François Petit @ 17:58

Dans la catégorie « recherche sociale accidentelle », on a rarement fait mieux. Suite à un vol d’identité chez un fournisseur de service de Facebook et MySpace, 32 millions de mots de passe se sont brièvement retrouvés en ligne, accessibles à tous. Des chercheurs en sécurité informatique ont eu le réflexe de copier ces mots de passe afin d’en retirer de précieux indices sur le comportement des internautes face à cet élément clé de notre identité en ligne. Le tout est documenté dans cet article du New-York Times, If Your Password Is 123456, Just Make It HackMe. On peut aussi lire le rapport de la firme de sécurité qui en a fait l’analyse.

Mon dada, c’est la qualité de l’expérience utilisateur. Tout ce qui touche le comportement des humains en ligne me fascine. L’aspect « sécurité informatique » est important, mais ce n’est pas ce que je trouve le plus intéressant dans cette histoire. C’est plutôt le fait que ce crime, une fois dévoilé, se transforme ni plus ni moins en un énorme test utilisateur pour une seule micro-tâche. C’est comme si on avait pu demander à un échantillon énorme d’utilisateurs (32 millions de participants, représentatifs en plus!) de choisir un mot de passe et d’avoir pu ensuite analyser les résultats. C’est le rêve!

Mais quelles leçons UX peut-on retenir de tout ça? Étonnamment, la meilleure leçon ne provient pas des résultats, un peu prévisibles : que 20% des utilisateurs se partagent les même 5000 mots de passe, que 123456 est le mot de passe le plus populaire, etc.

La meilleure leçon provient, d’après moi, de la lecture des recommandations de la firme de sécurité, qui illustrent à merveille le fossé souvent encore très grand qui existe entre ingénieurs, analystes, programmeurs et les utilisateurs des système qu’ils conçoivent. On y suggère encore les classiques: avoir un mot de passe différent pour chacun des sites que vous visitez (!); créer des mots de passe d’au moins 8 caractères;  inclure des symboles du genre #, &, !; ne pas inclure des mots courants, etc.

Toutes des recommandations absolument sensées et que j’essaie de suivre moi-même. De l’aveu même de la firme de sécurité (le comportement était exactement le même dans  d’autres cas semblables en 1990 et en 2000), même après 30 ans de conseils du genre, la preuve est faite que ces recommandations ne sont jamais suivies. Pourquoi?  Tout simplement parce qu’elles sont quasi-impossibles à respecter d’un point de vue cognitif. C’est comme dire à un joueur compulsif qu’il ne devrait pas jouer. Il le sait, nous le savons, mais il le fait quand même.

Alors, quelle serait la solution qui tiendrait mieux compte des limites cognitives des pauvres mortels que nous sommes? Tout d’abord, comprendre les risques réels quand vient le temps de créer un mot de passe et comprendre qui en serait la vraie victime.

Les banques semblent avoir réglé le problème en combinant un mot de passe et un élément visuel ou cognitif que seul vous pouvez associer (une phrase et une image par exemple). Même si le mot de passe est faible, la combinaison mot de passe-phrase-image rend exponentiel le nombre de permutations. On se sent protégés et la banque aussi.

Tous les sites auxquels on s’inscrit ne gèrent pas notre avenir financier. Quelle serait la conséquence de voir mon compte Facebook ou Twitter « hacké » par un malfrat? Franchement, pas très grande d’un point de vue individuel, mais du point de vue de Facebook ou Twitter, c’est une catastrophe de relations publiques (allo, Mirador?). C’est à ce niveau que les firmes de sécurité font de bonnes affaires.

Dernièrement, j’ai conseillé un organisme bien connu qui veut ajouter une panoplie de fonctions Web 2.0 sur leur site qui requiert la création de comptes utilisateurs. Dans le concept initial, l’utilisateur ne choisissait pas son mot de passe; il lui était attribué par le système et envoyé par courriel. D’un point de vue d’un analyste en sécurité informatique, c’est le rêve. Un mot de passe tout point conforme aux normes les plus sévères. Mais du point de vue du spécialiste en expérience utilisateur que je suis, c’est un cauchemar, sans parler du point de vue de l’analyste d’affaires ou marketing. Pourquoi? Le mot de passe si gentiment fourni devient littéralement une clôture de 6 pieds qui entoure votre site Web. Très sécuritaire, mais pas très amicale pour vos clients. Il est vrai que le concept prévoyait qu’on pouvait modifier son mot de passe par la suite. Mais pourquoi faire passer vos utilisateur par Toronto pour aller à Québec en partant de Montréal?

Mon avis? Laissez les utilisateurs choisir leur mot de passe. Si vous devez absolument les générer via le système, soyez gentils et rendez-les un peu faciles à mémoriser (du type non-sens mais prononçable comme paddlipatum88!). Il n’est pas interdit de suggérer des mots de passe de ce genre à même l’interface. Surtout, évaluez bien qui court le plus grand risque de sécurité et quel serait le coût réel de ne pas voir revenir vos utilisateurs les plus précieux : ceux qui ont fait un effort de s’inscrire à votre site Web.

  • Share/Bookmark
Classé dans : Veille UX — Mots-clefs :, , , — Jean-François Petit @ 17:58

14 décembre 2009

Utilisabilité et développement durable : une évidence?

Nathalie Berger @ 13:57

Il est possible de visualiser et télécharger les présentations et vidéos des conférenciers de la Journée mondiale de l’utilisabilité, qui s’est tenue à Montréal et Québec en simultanée.

Des sujets variés — incluant les «design patterns», l’ergonomie, le marketing, l’ingénierie, l’adaptabilité des sites internationaux en contextes locaux — célèbrent l’apport de l’utilisabilité et de l’expérience utilisateur dans le développement de produits faciles à apprendre et à utiliser, efficients et efficaces.

Au programme également, une recherche exploratoire réalisée en partenariat par le HEC Montréal, l’Université de Montréal et Bell Canada. Celle-ci combine l’oculométrie aux mesures psychologiques et émotionnelles, afin d’évaluer la qualité d’un site Web. Comme dirait Sandrine, «toute une triangulation méthodologique (ou casse-tête de données selon certains…;-))». Bien sûr, l’oculométrie (ou la poursuite oculaire) a une application plutôt restreinte en réalité. En effet, avec les budgets restreints de la plupart des sites au Québec, on a en général bien d’autres facteurs à évaluer avant celui-là, qui auront plus d’impact sur le produit final. Mais c’est intéressant d’avoir l’occasion de se voir relater un cas de recherche appliquée, avec un protocole d’expérimentation formel, qui inclut cette dimension supplémentaire.

Cette belle soirée sur l’utilisabilité a permis à près de 90 membres de la communauté – spécialistes ou non – d’apprendre et d’échanger sur les bonnes pratiques du métier, dans un optique de développement durable.

  • Share/Bookmark

9 novembre 2009

Journée mondiale de l’utilisabilité le 12 novembre : développement durable

Nathalie Berger @ 16:30

logo_WUD_JMU

Utilisabilité et développement durable. Telle sera la thématique de la 5e Journée mondiale de l’utilisabilité (World Usability Day) qui se tiendra ce jeudi 12 novembre. Utilisabilité Québec se joint une fois de plus aux initiatives locales organisées un peu partout dans le monde, à la suite de l’association «mère» américaine, la Usability Professionals’ Association (UPA).

À Montréal et Québec, nous nous intéresserons tout particulièrement au thème suivant : Utilisabilité et développement durable : une évidence? À travers une série de conférences sur divers sujets — allant des «design patterns»,  aux mesures psychologiques et émotionnelles, en passant par l’adaptabilité des sites internationaux en contextes locaux — nous célébrerons l’apport de l’utilisabilité et de l’expérience utilisateur dans le développement de produits faciles à apprendre et à utiliser, efficients et efficaces. Et ce, partout dans le monde.

Pour ma part, l’angle qui m’interpelle particulièrement en lien avec cette thématique générale est le suivant : À l’ère du «budget-temps limité», comment développer des sites Web viables? J’en parlerai davantage dans un prochain blogue et j’introduirai d’ailleurs succintement la soirée de la JMU avec cet optique. Au plaisir de vous rencontrer jeudi soir! Ça débute à 18h au CRIM de Montréal et au Cégep de Ste-Foy pour Québec (diffusion simultanée entre les 2 villes). Également, un clin d’oeil sera fait à une de nos associations cousines, la FLUPA (section France-Luxembourg d’UPA), sous forme d’entrevues pré-enregistrées (décalage horaire obligeant). Une pause réseautage est prévue accompagnée d’un cocktail. Tous les détails sur le site d’Utilisabilité Québec.

logo-utilisabilite-quebec_2008

  • Share/Bookmark

28 avril 2009

Web Analytics & Utilisabilité: 5 à 7 UX du 30 avril

Nathalie Berger @ 17:02

Je serai jeudi au 5 à 7 UX d’Utilisabilité Québec. Ces rencontres bimestrielles se veulent un lieu d’échange agréable et décontracté pour les professionnels oeuvrant ou ayant un intérêt pour l’utilisabilité. En avril, l’invitation a été lancé également aux spécialistes en Analytique Web (Web Analytics), puisque la thématique porte sur «Le Web Analytics : Un complément à l’ergonomie?». La formule est simple : Un participant démarre la soirée en soulevant quelques enjeux pour susciter une conversation. Ce mois-ci, Philippe Alengry,  apportera son point de vue et proposera des utilisations dans le cadre d’une démarche ergonomique. Place ensuite à la discussion et au partage d’expériences. Gratuit et acessibles à tous. Les places sont limitées, il faut réserver à partir du site d’Utilisabilité Québec. Profitez-en aussi pour joindre le groupe Facebook 5 à 7 UX.

  • Share/Bookmark

4 décembre 2008

L’expérience utilisateur au service du transport collectif

Nathalie Berger @ 16:01

Dans le cadre de la Journée mondiale de l’utilisabilité (WUD), qui se tenait le 13 novembre dernier au CRIM (Maison des hautes technologies), j’ai voulu soulever quelques enjeux liés à l’apport des technologies au domaine du transport collectif. Mon but était surtout d’offrir un point de départ pour susciter une conversation et un partage d’expériences parmi les personnes qui célébraient cette journée, et qui avait pour thème cette année «l’utilisabilité dans les transport».

Voici dans ce powerpoint un aperçu des idées évoquées, illustrées à l’aide d’exemples concrets, soit la nouvelle carte à puce OPUS et le nouveau service de planification de trajets que propose les sociétés de transport de Montréal en collaboration avec Google Maps. Mon attention est bien entendu portée plus particulièrement sur les enjeux reliés à l’expérience utilisateur. Si vous avez une expérience d’usage ou un commentaire à partager, n’hésitez pas. Vous pouvez également consulter les autres présentations de cette soirée, dont celle de Michel Dallaire qui relate son expérience du design du vélo libre-service BIXI, sur le site d’Utilisabilité Québec.

  • Share/Bookmark
Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , , , — Nathalie Berger @ 16:01

7 mai 2008

D’une culture à l’autre de l’ONF : Un design centré utilisateur en contexte multiculturel

Nathalie Berger @ 17:42

Voici un aperçu de la conférence que j’ai présenté dans le cadre d’Intracom 2008, 8e conférence internationale de l’Association des professionnels professionnels en intranet, Internet et extranet (API).

Les ingrédients clés de la démarche ont été dévoilés et illustrés lors de cette présentation du making-of de la création du plus récent site Web de l’ONF portant sur la diversité culturelle au Canada. Un site qui retrace une histoire étonnante à travers des documents d’archives vidéos, audios et photos des années 40 à aujourd’hui, ainsi que des entrevues et vox populi spécialement conçus pour ce site.

Utilisabilité, accessibilité, standards Web, respect des normes et standards ouverts, SEO, et mesure sont au rendez-vous.

Vous pouvez consulter ci-dessous le fichier powerpoint de ma présentation. Il ne rend compte évidemment que d’une partie de ma communication, mais ça donne tout de même un aperçu.

NOTE: Il n’y a pas de projet Web plus parfait que celui qu’on n’a pas réalisé, qui reste à l’état «idéal» de projet. Dès qu’on concrétise un projet, il y a de l’imperfection au rendez-vous avec laquelle on doit composer le mieux possible. L’essentiel est d’avoir une orientation claire et de faire tout en son possible pour s’appuyer sur des assises solides et une approche holistique, tout au long de la mise en place du projet. C’est encore plus vrai lorsqu’il s’agit de créer un site de contenu dans un contexte multiculturel. Cela exige une véritable vision multi-facettes, une écoute multi-culturelle, et des actions tangibles tout en souplesse.

Nous vous présentons donc une étude de cas qui tend vers la concrétisation de la qualité de l’expérience utilisateur (incluant celle des producteurs de contenus), à l’aide d’un processus de développement centré utilisateur et d’un ensemble de méthodes spécialisées du domaine de l’XU. Et ce, dans toute son imperfection… et à la fois sa perfection du moment.

À partir de là, le Web étant organique (et un projet jamais fini), il sera possible d’ajuster le tir en cours de route grâce à la mise en place d’outils et de moyens de mesurer, d’analyser et d’évoluer en continu.

  • Share/Bookmark

30 janvier 2008

Ambassadrice de Montréal pour le UX Network

Nathalie Berger @ 13:27

On m’a invité l’an dernier à représenter Montréal au sein du Réseau international de l’expérience utilisateur – User Experience Network. Cette initiative a vu le jour grâce à quelques sommités du domaine telles Louis Rosenfeld, Dirk Knemeyer et Whitney Quesenbery sur le conseil d’administration, en bonne compagnie de Aaron Marcus, Donald Norman, Ginny Redish et Marc Rettig sur le comité aviseur. En janvier 2008, je débute ma première contribution au blogue du réseau. C’est avec plaisir que je contribuerai à faire rayonner le dynamisme de notre région du globle en la matière, par le biais du User Experience Network. Pour ce faire, je vous invite à participer à cet effort en me communiquant vos activités ou informations liées spécifiquement au domaine de l’expérience utilisateur (architecture de l’information, design de l’interaction, design centré sur l’utilisateur, utilisabilité, ergonomie, SEO, etc.), afin de les faire connaître à une plus grande échelle. L’année ne fait que commencer, je sens qu’il va se passer pas mal de choses en 2008 et que l’XU au Québec fera peau neuve. Ça risque d’être stimulant et porteur. Bonne année et bon succès!

  • Share/Bookmark

31 octobre 2007

Chargée de cours sur l’expérience utilisateur

Nathalie Berger @ 10:45

Je prépare un cours pour des professionnels et cadres de grandes entreprises portant sur la satisfaction des besoins réels grâce à un design «informé» centré sur les utilisateurs. Ma présentation aura lieu ce mercredi 20 juin prochain à Montréal dans le cadre du cours Intranet et la communication d’entreprise organisé par Les Publications FP (Federated Press Business and legal publishing), un leader dans le marché professionnel de l’information et de l’éducation.

  • Share/Bookmark
Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , — Nathalie Berger @ 10:45

15 novembre 2006

Et le grand gagnant est…

Nathalie Berger @ 10:05

C’est hier soir qu’a eu lieu le dévoilement des Prix québécois de l’utilisabilité décerné par Utilisabilité Québec, dans le cadre de la Journée mondiale de l’utilisabilité. Le Grand prix a été décerné à Radio-Canada pour la dernière refonte de www.radio-canada.ca
qui se distingue par sa facilité d’utilisation.

Bravo à toute l’équipe qui a pris à coeur d’optimiser l’expérience utilisateur du site Web média francophone parmi les plus visités au Canada ? avec 1,8 millions de visiteurs uniques par mois. Le défi était de taille. Radio-canada.ca comporte plus de 350 000 pages de contenus en français avec plus de 4 000 heures de segments audio et vidéo ainsi que 8 000 clips d?archives.

La nouvelle page d’accueil met davantage en valeur les contenus de la radio et de la télévision, en plus des contenus exclusivement Web. La navigation globale du site est plus harmonisée. Nous sommes très heureux d’avoir participé à ce renouveau chez Radio-Canada. Notre collaboration se situait au niveau de l’analyse contextuelle, l’architecture de l’information et de l’interaction, puis, la Cellule d?essai de l?expérience utilisateur (en personne et à distance), une formule exclusive à Idéactif. La navigation et le design de la page d’accueil et des contenus d’information ont été repensés en consultation avec des utilisateurs de Montréal, Québec et l’Estrie qui nous ont accompagnés durant la démarche. Consultez l’étude de cas sommaire pour plus de détails.

J’en profite pour féliciter toutes les personnes qui ont travaillé sur les 4 sites qui ont reçu une mention spéciale pour souligner leur facilité d’utilisation, ainsi que tous les participants de cette première édition. C’est par les efforts combinés de plusieurs personnes et organisations sensibles à l’expérience utilisateur que l’espace Web deviendra plus agréable et simple à utiliser. J’ose même dire «plus facile à vivre».

  • Share/Bookmark

Fill RSS Fil RSS de ce blogue

À propos de ce blogue

La conception, l'évaluation et l'optimisation de sites Web constituent le coeur de nos activités quotidiennes. Ce blogue traitera donc principalement de qualité de l'expérience utilisateur, des méthodes d'évaluation, de l'architecture de l'information, du design d'interaction, et d'analytique Web. On y raconte aussi un peu notre vie quotidienne en tant qu'entrepreneurs et consultants Web dans un contexte québécois.